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Un bassin de retenue qui protège Bordeaux des inondations


Outre les rares cas où la Garonne brise ses rives et envahit les quais, Bordeaux n'est pas touché par des inondations. Mais cela n'a pas toujours été le cas. L'agglomération a la forme d'un amphithéâtre et est traversée par un dense réseau de ruisseaux qui, par le passé, gonflés par de fortes pluies, pouvaient transformer les routes du centre-ville en artères de la Garonne. Il a fallu agir ! 

Les événements qui ont finalement déclenché le déploiement d'un vaste système de protection contre les inondations remontent à fin-mai et début-juin 1982. Des tempêtes violentes ont alors frappé Bordeaux et ses banlieues ouest de Saint-Médard-en-Jalles, Le Haillan, Mérignac, Caudéran, Le Bouscat et Bruges. Avec des précipitations supérieures à 40 millimètres par heure, en peu de temps l'eau coulait dans les rues du centre-ville, atteignant un niveau d'1 mètre par endroits ; les services de sauvetage ont dû utiliser des barques pour se déplacer. Plus de 1 500 maisons ont été impactées par les inondations et de nombreuses familles ont perdu pratiquement tout ce qu'elles avaient au moment où le niveau est redescendu trois jours plus tard. L'heure était donc grave à Bordeaux.

Après les tempêtes de 1982 sur la rue Chevalier dans le centre de Bordeaux, photos Sud Ouest reprises dans l'excellent livre Le Festin / a'urba « De la ville à la métropole, 40 ans d'urbanisme à Bordeaux ». À droite, les mêmes panoramas aujourd'hui.
Au cours des 35 années qui ont suivi, près de 600 millions d'euros ont ainsi été investis dans un large dispositif pour s'assurer que cela ne se reproduise plus jamais. Le système comprend environ 2 000 kilomètres de collecteurs, 130 stations de pompage, 50 pluviomètres répartis sur la métropole et, depuis 1992, un centre moderne de surveillance et de contrôle des eaux pluviales situé dans le centre de Bordeaux : "RAMSES" (j'imagine que les lettres ont un sens particulier...).

Mais peut-être le résultat le plus tangible de cette stratégie a été le développement d'environ 80 bassins d'étalement ou de retenue, qui peuvent stocker jusqu'à 2,6 millions de mètres cubes d'eau. Un dépliant que j'ai récemment reçu précisait que c'était l'équivalent de 1 300 piscines olympiques. Cela fait beaucoup d'eau. Certaines de ces installations de stockage sont souterraines, en particulier celles proches du centre-ville. Beaucoup, cependant, sont visibles au niveau du sol, comme celui que je suis venu découvrir aujourd'hui près de la Rocade à Eysines : le Bassin Lamothe-Lescure.


Un panneau d'information à l'entrée relate quelques faits : le bassin, opérationnel depuis 1985, couvre une superficie de 2,3 hectares et peut stocker jusqu'à 22 000 mètres cubes d'eaux pluviales collectées dans les rues d'Eysines. Le niveau d'eau peut monter jusqu'à une profondeur de 2,5 mètres. L'installation est gérée par SGAC (qui, de manière quelque peu illogique, est le petit nom de la Société de Gestion de l'Assainissement de Bordeaux Métropole*), filiale de Suez Environnement, société privée qui gère l'approvisionnement en eau et la gestion dans la métropole.

Le système est somme toute relativement simple. D'un côté de ce bassin sec, une structure en béton marque le point où deux collecteurs convergent, portant l'eau pluviale susmentionnée. Cette eau s'écoule naturellement vers un troisième tuyau qui traversera Bordeaux avant de se jeter dans la Garonne. Cependant, lorsque le personnel du centre de contrôle RAMSES détecte qu'il y a trop d'eau entrante, le tuyau sortant est fermé et l'eau est naturellement redirigée dans le bassin, où elle sera stockée le temps qu'il faut.

Au cœur du mécanisme : en bas à gauche et au centre, l'eau pluviale entrante. À droite, une porte mécanique qui peut être fermée afin de piéger l'eau qui se répand dans le bassin de retenue via l'ouverture que l'on aperçoit en haut à gauche
À quelle fréquence ce dispositif est-il actionné ? Les équipes de RAMSES enregistrent entre 10 et 15 incidents jugés à risque par an. Exemple : le vendredi 26 juillet 2013, des orages, comparables à ceux de 1982, ont frappé la zone et le centre de contrôle a permuté en mode crise. Le niveau élevé de la Garonne n'arrangeait pas les choses. Mais dans un article consacré à ces incidents, Sud Ouest a écrit que, à part quelques sous-sols inondés, aucun dommage majeur n'a été signalé. Sans le système actuel de surveillance et de défense, il est probable que les habitants de Bordeaux auraient à nouveau été témoins de sauvetages en barques dans les rues de Bordeaux. Mais grâce à RAMSES et à son réseau de bassins d'étalement, tout cet excès d'eau est vite maîtrisé et les seuls bateaux que vous verrez dans le centre-ville naviguent sur la Garonne. Hourrah !

> Localiser sur la carte Invisible Bordeaux : Bassin Lamothe-Lescure, avenue du Taillan, Eysines.
> L'espace pédagogique du centre de contrôle et de commandement RAMSES peut être découvert sur rendez-vous du lundi au vendredi. Le centre lui-même se visite généralement lors des journées européennes du Patrimoine au mois de septembre.
> This article is also available in English!

* Le "C" de SGAC faisait sans doute référence au C de la CUB, comme Communauté Urbaine de Bordeaux, la précédente dénomination de Bordeaux-Métropole.

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Depuis son lancement en 2011, les anciens messages, publicités ou enseignes peints sur les murs à la main sont parmi les thèmes récurrent...

Une nouvelle sélection de vieilles peintures murales

Depuis son lancement en 2011, les anciens messages, publicités ou enseignes peints sur les murs à la main sont parmi les thèmes récurrents du blog Invisible Bordeaux.

Bordeaux dispose de bon nombre de ces curieuses reliques d'une autre ère ; voici donc une toute nouvelle sélection de découvertes à travers la ville. 

Cette première photo, prise sur la rue Jacques-Nancy, montre une publicité qui, d'après ce que je peux distinguer, était pointée vers la gauche et vers une "Succursale Citroën". Chose inhabituelle, il semble que la société qui a peint cette réclame, "--- ir Publicité", se soit octroyée quasiment autant d'espace mural que le nom de son client !

La photo ci-dessus a été prise cours Aristide-Briand : Entreprise Genriès, fournisseur d' « échelles tous genres », et manifestement spécialisée dans la menuiserie et le bâtiment.

Cet entrepôt mystérieux se trouve en plein centre-ville, bien que dans une rue calme, rue Arnaud-Miqueu. En faisant un peu de googling, on découvre que la Compagnie Française est encore opérationnelle et est définie ici et là comme une « entreprise de détail », spécialiste des vêtements pour hommes. À confirmer ?

Il y a de quoi s'occuper en regardant la façade de ce vieux marchand de légumes (fruits et primeurs) de la rue Sanche de Pomiers, avec plusieurs couches de messages à déchiffrer. Le côté droit est plus facile à lire avec ses promesses d'oranges, citrons et fruits secs, mais la partie la plus lisible sur la gauche est le numéro de téléphone à cinq chiffres : 82 213.

Robert d'Isle nous permet de progresser à un numéro de téléphone à six chiffres: 48 27 17. Ce commerce sur la rue des Trois-Chandeliers annonce des prestations d' « entretien, location, réparation »... mais dans quel secteur d'activité?

Ce vieux panneau sur rue Chauffour est en meilleure forme. D'abord, il semble bien entretenu. Deuxièmement, l'établissement a été fondé il y a "à peine" 31 ans, en 1986 (les numéros de téléphone sont désormais à huit chiffres). Le propriétaire Hervé Valverde, dont les initiales semblent flotter vers le haut de chaque verre de vin, semble être un personnage à part, à en juger par le papier Sud Ouest disponible en ligne ici. Pour la petite histoire, le numéro de téléphone est encore d'actualité, en y rajoutant le préfixe "05", bien entendu.

Toujours sur la rue Chauffour, cette annonce pour Frigéco, marque de réfrigérateurs associée au géant français des appareils ménagers Thomson, propose même une image détaillée d'un réfrigérateur bien approvisionné. Et, à gauche, on peut voir un personnage souriant (ou peut-être un bonhomme de neige, c'est difficile à dire) qui admire ses étagères de produits frais. Le « distributeur exclusif » local est mis en avant vers le bas du mur, mais il faudrait lancer un véritable travail de détective pour déterminer ce qui est écrit !   

Quels services étaient proposés par R. Leroyer, installé rue du Hamel ? On n'en sait guère plus, mais rien que pour la jolie police et l'ombre sous les lettres, cette enseigne mérite pleinement sa place sur cette page !

C'est sur la rue du Serpolet que vous trouverez ces traces d'une entreprise de tapisserie-literie, dont l'enseigne se marie bien avec la décoration festive au balcon du premier étage !

Le garage de Ségur, justement situé sur la rue Ségur, intervenait en cas de besoin en matière de réparations, mécanique, tôlerie, peinture !

> Toutes ces trouvailles ont été rajoutées à la carte Googlemap dédiée : "Bordeaux ghost signs and shopfronts" !
> D'autres dossiers sur le même thème : Chapitre 1, Chapitre 2, Chapitre 3, Chapitre 4, Cours Gallieni, Commerces du passé.
> This feature is also available in English!

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